David Romand

Post-doc FORMESTH (2010-2011), épistémologie, histoire des sciences, sciences cognitives

• Chercheur rattaché à l’équipe REHSEIS, laboratoire SPHERE, UMR 7219-Université Paris 7 (directeur : David Rabouin)

• Rédacteur en chef adjoint du Bulletin de la SHESVIE (Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences de la Vie), éditions Kimé, Paris

• Membre de la Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences de la Vie, de la Société Française D’Histoire des Sciences et des Techniques

• Membre du Club d’Histoire des Neurosciences (Société des Neurosciences)


CURSUS


• 2000-2005

Thèse d’épistémologie/histoire des sciences (université Paris 7) et de neurosciences (università di Parma), préparée en cotutelle, sous la direction de Claude Debru (ENS) et de Giacomo Rizzolatti (università degli studi di Parma), soutenue le 1er avril 2005, mention très bien avec félicitations du jury à l’unanimité.

Sujet : "La formation du concept d’inconscient cognitif (1815-1970). Contribution à l’histoire de la psychologie et à la théorie des neurosciences cognitives"

Composition du jury :

Jean-Jacques Szczeciniarz (président, professeur là l'université Paris 7)
Claude Debru (directeur de thèse, professeur à l'ENS)
Luciano Fadiga (rapporteur, professeur associé à l'université de Ferrare)
Michel Fichant (rapporteur, professeur à l'université Paris 4)
Vittorio Gallese (professeur associé à l'université de Parme)
Giacomo Rizzolatti (directeur de thèse, professeur à l'université de Parme)


• 2002-2003

Maîtrise de philosophie, université Paris 4 (mention très bien)

Directeur de mémoire : Michel Fichant

Sujet de mémoire : "La postérité de l’inconscient leibnizien dans la psychologie de Fechner"


• 2001-2002

Licence de philosophie, université Paris 4 (mention assez bien)


• 1999-2000

DEA d’épistémologie et d’histoire des sciences, Université Paris 7 (mention bien)

Sujet de mémoire : "Aspects épistémologiques et neurophysiologiques du concept d'attention"

Directeur de mémoire : Claude Debru.


• 1999

Agrégation de sciences de la vie et de la Terre


• 1998-1999

Préparation à l’agrégation de sciences de la vie et de la Terre, université Grenoble 1.


• 1998

CAPES de sciences de la vie et de la Terre.


• 1997-1998

Maîtrise de biologie générale, université Grenoble 1 (mention assez bien)


• 1996-1997

Licence de biologie générale, université Grenoble 1 (mention assez bien)

DU de suédois, Centre de Télé-enseignement Universitaire, Université Strasbourg 2 (troisième année)


• 1995-1996

Deuxième année de DEUG B, Université Grenoble 1 (mention assez bien)

DU de suédois, Université Strasbourg 2 (deuxième année)

Admissibilité au deuxième concours de l’ENS-Lyon (sciences de la vie et de la Terre)


• 1994-1995

Première année de DEUG B, université Grenoble 1 (mention assez bien)

DU de suédois, Université Strasbourg 2 (première année)


• 1994

Baccalauréat série D (mention bien)



ACTIVITE PROFESSIONNELLE


• 2010-2011

Post-doctorant au sein de l’ANR FORMESTH (« formalisme esthétique en Europe centrale aux 19e et 20e siècles »), dirigée par Carole Maigné (université Paris 4), Céline Trautmann-Waller (université Paris 3) et Xavier Galmiche (Université Paris 4)


• 2010-2007

ATER, université Paris 7

Enseignements : CM et TD d’histoire de la philosophie (Locke, Hume, Leibniz, Kant, Naturphilosophie, etc.), d’épistémologie et d’histoire des sciences (histoire de la psychologie, histoire des neurosciences), et de bioéthique, en master 1 et 2 ; TD d’histoire et de philosophie de la médecine (C. Bernard, Canguilhem, Foucauld, F. Jacob, etc.), en PCEM1


• 2006-2007

Assistant de recherche du professeur Evelyn Fox-Keller (MIT), titulaire pour l’année 2006-2007 d’une chaire internationale Blaise Pascal


• 2005-2006

ATER, université Bordeaux 1

Enseignements : CM et TD d’histoire de la philosophie (Locke, Hume, Kant, etc.), d’épistémologie et d’histoire de la biologie (histoire de la biologie, histoire des neurosciences, méthodologie de l’histoire des sciences, empirisme logique, Popper, Kuhn, etc.), en licence 1 et 2, master 1 et 2, et doctorat ; TD de préparation aux oraux du CAPES de SVT


• 2000-2003

Allocataire de recherche (université Paris 7) et moniteur (université Paris 6)

Enseignements : TD et TP de biologie générale (zoologie, botanique, systématique, écologie, théorie de l’Evolution, etc.)



BOURSES ET ALLOCATIONS


• 2005

Vacation du CNRS dans le cadre du programme « Histoire des neurosciences en France », dirigé par Claude Debru

Subvention du Comité National Français d’histoire et de Philosophie des Sciences pour la préparation du Répertoire de la recherche en histoire des en France (Congrès International d’Histoire des Sciences de Pékin)

Bourse du Comité National Français d’Histoire et de Philosophie des Sciences pour le 22e Congrès International d’Histoire des Sciences (Pékin, 23-30 juillet)


• 2004

Bourse du CIERA pour un séjour de recherche au Max-Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte de Berlin (1-31 juillet).


• 2003-2004

Bourse bilatérale franco-italienne pour un séjour dans le Laboratoire de Physiologie Humaine de l’Université de Parme (septembre 2003-août 2004)


• 2003

Mission du CNRS (laboratoire REHSEIS, dir. Karine Chemla) pour un séjour de recherche à Oxford (7-31 juillet)

Bourse du DAAD pour un séjour de recherche au Max-Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte de Berlin (1 mars-30 avril)


• 2002

Bourse de la Max-Planck Gesellschaft pour un séjour au Max-Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte de Berlin (1-30 juillet)


• 2001

Subvention de l’Université Paris 7 (école doctorale "Epistémologie, histoire des sciences et de techniques", dir. Dominique Lecourt) pour un séjour de recherche au Wellcome Trust for the History of Medicine (Londres) et à Oxford 1er-21 juillet).


• 2000-2003

Allocation de recherche, université Paris 7



ACTIVITE SCIENTIFIQUE


1) Organisation de séminaires de recherche


• 2010-2011

« La psychologie allemande du 19e siècle »

Séminaire organisé dans le cadre de l’ARN FORMESTH. J’assure moi-même quatre séances consacrées à l’analyse théorique et épistémologique de la tradition psychologique allemande du 19e siècle ; des chercheurs invités se chargent des quatre autres séances, consacrées au lien entre esthétique, sciences humaines et psychologie allemande entre le milieu du 19e siècle et le début du 20e siècle.


• 2006-2007

« Théorie et histoire des neurosciences cognitives »,

Séminaire organisé au sein du laboratoire REHSEIS (SPHERE). J’ai assuré moi-même les trois premières séances, les quatre séances suivantes incombant à des chercheurs invités, deux historiennes de la psychologie et deux neuroscientifiques.


2) Organisation de journées d’étude


• « Psychologie, esthétique et formalisme dans le contexte européen », ANR FORMESTH-INHA, 11 mai 2011 (en collaboration avec S. Tchougounnikov)

• « Langage et Evolution (19e-20e siècles), Entre sciences de la Nature et sciences del’esprit », Laboratoire REHSEIS, 15 avril 2009 (en collaboration avec E. d’Hombres et S. Tchougounnikov).

• « L’influence de la psychologie allemande sur la psychologie et les sciences du langage en Russie (1870-1930) », laboratoire REHSEIS, 7 mai 2008 (en collaboration avec S. Tchougounnikov).

• « Langage et psychologie en Allemagne au 19e siècle », laboratoire REHSEIS, 9 avril 2008 (en collaboration avec S. Tchougounnikov).

• « Développement, triomphe et déclin de la pensée cognitiviste en Allemagne (1800-1930) », laboratoire REHSEIS, 26 avril 2007 (en collaboration avec J. Friedrich).


3) Communications scientifiques

• 2011

« La psychologie allemande du 19e siècle, un programme de recherche cognitiviste » (26 janvier), « Les notions de représentation (Vorstellung) et de sentiment (Gefühl) dans la psychologie allemande du 19e siècle » (23 février), « Conscience et inconscient dans la psychologie allemande du 19e siècle » (2 mars), « La psychologie allemande et la psychologisation des sciences humaines et de l’esthétique (19e siècle-début 20e siècle) »
(13 avril), dans le cadre de mon séminaire « la psychologie allemande du 19e siècle » (ANR FORMESTH-INHA)

« L’esthétique de la musique pure au regard de la psychologie allemande du 19e siècle, quelques pistes interprétatives », dans le cadre du séminaire transdisciplinaire «L’esthétique musicale entre philosophie et musicologie, des croisement aux rencontres », organisé par J. Labia et C. Loriot à l’université Paris 4 (Maison de la recherche) (18 mars)

« La psychologie allemande du 19e siècle et la question des fondements cognitifs de l’esthétique », dans le cadre du colloque « L’esthétique psychologie allemande », organisé par E. Bimbenet à l’université Lyon 3 (3 février)


• 2009

« Science de l’âme et sciences de l’esprit : le rôle du paradigme psychologique allemand dans l’émergence des sciences humaines (19e-début 20e siècle) », à l’ENS, dans le cadre du séminaire « Transferts culturels » de M. Espagne et P. Rabault-Feuerhahn (6 novembre)

« La psychologie chez Jakoubinski », dans le cadre du colloque international « Jakoubinski » organisé par S. Archaimbault et S. Tchougounnikov au Laboratoire d’Histoire des Théories Linguistiques (29 juin)

« Langage gestuel et évolution des langues : entre linguistique et psychologie (19e-début 20e siècles), dans le cadre de la journée d’étude Langage et Evolution (19e-20e siècles) – Entre sciences de la nature et sciences de l’esprit », organisé par E. d’Hombres, D. Romand et S. Tchougounnikov à l’université Paris 7 (laboratoire SPHERE) (15 avril)


• 2008

« L’héritage de la psychologie allemande du 19e siècle dans le formalisme russe : étude de quelques exemples » (en collaboration avec S. Tchougounnikov), dans la cadre du colloque L’Europe et la Russie. Quelques figures d’un transfert culturel, de la bibliothèque de Pierre le Grand aux sciences humaines de l’âge d’argent organisé à l’ENS par M. Espagne et W. Berelowitch (7 novembre)

« La réception de l’œuvre de William Stern dans la psychologie russe/soviétique », dans le cadre de la journée d’étude « L’influence de la psychologie allemande sur la psychologie et les sciences du langage en Russie (1870-1930) », organisée à l’université Paris 7 (laboratoire SPHERE) par D. Romand et S. Tchougounnikov (7 mai)

« La question de la naturalisation du langage au 19e siècle », dans le cadre de la journée d’étude « Langage et psychologie en Allemagne au 19e siècle », organisée à l’université Paris 7 (laboratoire SPHERE) par D. Romand et S. Tchougounnikov (9 avril).


2007

« ‘Das Seele-Leib Problem’ : La question des rapports du psychique au physique dans la psychologie allemande du 19e siècle », dans le cadre de la journée d’étude «L’intériorité mentale et la question du lieu de la pensée », organisée Collège international de philosophie et à la Maison Heinrich Heine, par J. Friedrich et F. Gillot (1er juin)

« La pensée psychologique allemande au début du 20 siècle : crise du cognitivisme ou crise de la psychologie ? », dans le cadre du séminaire « Développement, triomphe et déclin du paradigme cognitiviste en Allemagne (1800-1930) », organisé à l’université Paris 7 (laboratoire SPHERE) par D. Romand et J. Friedrich (26 avril)

« La notion de ‘représentation lexicale’ (Wortvortellung) chez Wundt et Stricker », dans le cadre d’une la journée d‘étude « Linguistique et psychologie : D’une science pilote à l’autre », organisée à l’université de Bourgogne par S. Tchougounnikov (mars).


• 2006

« Les théories de la perception au 19e siècle », conférence doctorale à l’université Bordeaux 1 (mai).

Communication sur « La psychophysique interne de Fechner » (1801-1887), université Paris 7 (laboratoire REHSEIS) (mars)

« William Stern (1971-1938) et la théorie du temps psychique de présence (octobre) ; « la modularité des fonctions sensorielles (novembre) ; « La théorie des sensations de mouvement de Sigmund Exner (1846-1926) – Analyse d’une idée psychologique et de sa postérité. » (décembre), dans le cadre de mon séminaire « Théorie et histoire des neurosciences cognitives » (université Paris 7, laboratoire REHSEIS)


• 2005

« L’école formaliste russe et le substrat psychologique allemand », en collaboration avec S. Tchougounnikov, à l’université de Luasanne, dans le cadre du séminaire d’études slaves de P. Sériot (décembre)

« Le problème de la conscience dans la psychologie de Herbart (1776-1841) et de Fechner (1801-1887) », séminaire du laboratoire EPISTEME, organisé à l’université Bordeaux 1 par P. Duris (octobre)

« La théorie bleulérienne de l’inconscient », 22e Congrès International d’Histoire des Sciences, Pékin, (juillet)

« La théorie de l’énergie spécifique des sens de J. Müller », dans le cadre de la journée d’étude « Les querelles du cerveau, II » organisée à l’université Paris 7 (laboratoire REHSEIS) par C. Cherici et J.-C. Dupont (mai)

« La psychophysique interne de Fechner », dans le cadre du séminaire « Fechner » organisé à l’ENS par Cl. Debru (mars)


• 2003

Présentation de mon travail de thèse dans le cadre de la journée des doctorants, université paris 7 (laboratoire REHSEIS) (février)

« Quelques aspects méthodologiques en histoire des concepts : une perspective évolutionniste », dans le cadre du séminaire organisé à l’ENS-LYON par de S. Franceschelli (février)

« La conscience et l’inconscient dans la psychologie de Herbart », dans le cadre d’un cours de philosophie donné par D. Forest à l’université Lyon 3 (février)

« L’histoire des neurosciences (19e-20e siècles) » (en collaboration avec Claude Debru), dans le cadre d’une journée d’études organisée par S. Schmitt à l’université Paris 7 (laboratoire REHSEIS) (janvier)

« Philosophie, psychologie et neurophysiologie au 19e siècle : un essai de comparaison franco- allemande » (en collaboration Claude Debru), dans le cadre du colloque « Unité et globalité de l’homme » organisé à l’université Paris 7 par M.-L. Pelus-Kaplan (janvier)

• 2001

« La conception du mouvement à la théorie des schémas ». Evolution des idées sur la planification de l’action. » (en collaboration avec M. Jeannerod), dans le cadre du colloque « Histoires de la mémoire » organisé à l’université d’Amiens organisé J.-C. Dupont (octobre)

Présentation de mon travail de thèse, dans le cadre de la journée des doctorants, université Paris 7 (laboratoire REHSEIS) (juin)


4) Particpation au programme de recherche sur l’histoire des neurosciences

Entre octobre 2004 et octobre 2007, j’ai participé à l’ANR « Histoire des neurosciences en France dans le contexte international (1945-1975)», dirigé par Claude Debru, en collaboration avec J.-G. Barbara et C. Cherici. L’objectif de ce programme était d’étudier les conditions du renouveau et du développement des neurosciences en France dans l’après-guerre, en tenant compte du contexte intellectuel aussi bien qu’institutionnel. La méthodologie suivie s’est notamment sur l’interview des principaux acteurs concernés et l’analyse systématique de leurs contributions scientifiques. Mon travail a concerné plus spécifiquement les aspects cliniques et neuropsychologiques, ainsi que la question de l’institutionnalisation des sciences cognitives en France. J’ai activement participé à l’organisation du colloque conclusif « L’essor des neurosciences – France, 1945-1975 », qui s’est tenu au Collège de France et à l’ENS du 21 au 23 septembre 2006. J’ai à cette occasion présenté une communication intitulée « L’entrée du programme cognitif dans les neurosciences française : la contribution d’Alfred Fessard ».



SEJOURS DE RECHERCHE


• 2005

23-30 juillet : Congrès International d’Histoire des Sciences (Pékin)

7-31 juillet : Maison française d’Oxford et Radcliffe Science Library (Oxford)


• 2004

1 juillet-3 août : Max-Planck Institut für Wissencshaftsgeschichte (Berlin)


• 2003-2004

Séjour d’un an dans le Laboratoire de Physiologie Humaine de l’Université de Parme, dans le cadre de la cotutelle de thèse


• 2003

7-30 juillet : Maison français d’Oxford, Radcliffe Science Library et Experimental Psychology Library (Oxford)

1er mars-30 avril : Max-Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte (Berlin)


• 2002

1er août-7 septembre : Max-Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte(Berlin)


• 2001

1er-21 juillet : Wellcome Trust for the History of Medicine (Londres) et Radcliffe Science Library (Oxford)

1er-10: août Staatsbibliothek (Berlin)





RECHERCHE

Axes de recherche

1) Histoire et épistémologie de la psychologie allemande

Dans la continuité de mon travail de thèse consacré aux origines du concept d’inconscient cognitif, je me suis efforcé au cours de ces dernières années d’explorer les tenants et les aboutissants de la tradition psychologique telle qu’elle s’est développée dans les pays de langue allemande à partir de Herbart avant de régresser brutalement au début du 20e siècle. Je défends ainsi l’idée que, loin de se résumer à une psychologie « scientifique » et « expérimentale », « élémentariste » et « associationniste », la psychologie allemande du 19e siècle correspond à un programme de recherche original et cohérent, parfaitement caractérisé au point de vue épistémologique, théorique et méthodologique, très proche dans ses principes comme dans ses réalisations de la psychologie et des neurosciences cognitives contemporaines. Cette réappréciation du Sonderweg psychologique allemand m’a conduit à vouloir m’interroger plus avant sur son statut, sa place et son rôle dans la pensée allemande et européenne. Force est de constater que l’œuvre des psychologues-philosophes du 19e siècle (Herbart, Lotze, Volkmann, Brentano, Fechner, Wundt, Külpe, Stumpf, Exner, Lipps, etc.) demeure encore fort méconnue (notamment en France), en dépit de l’influence considérable que ceux-ci ont pu exercer de leur temps – bien au-delà de la psychologie et de philosophie, et des frontières de l’aire culturelle germanique. A cet égard, mes intérêts de recherche portent sur des questions relevant tout aussi bien de la théorie de la connaissance (conscience, inconscient, représentation du temps et de l’espace, parallélisme psychophysique, constitution psychique de la subjectivité et de l’objectivité, etc.) que de la théorie de la science (fondements et structure du paradigme psychologique allemand, étapes de sa constitution, rapport de la psychologie allemande aux autres types de savoir, etc.). D’une manière générale, je plaide pour une révision radicale de l’histoire du cognitivisme et de la philosophie de l’esprit, inscrite dans la longue durée et contextualisée, par-delà les cloisonnements disciplinaires et chronologiques ordinairement retenus par l’historiographie. Notons enfin que je m’intéresse aussi aux principaux courants de la psychologie allemande des années 1910-30 (Gestalt, Denkpsychologie, Ganzheitspsychologie, « personnalisme critique », etc.).


2) Histoire des « transferts épistémiques » entre psychologie, philosophie et Geisteswissenchaften

Mon intérêt pour la pensée psychologique allemande du 19e siècle m’a inévitablement conduit à m’interroger sur les liens que celle-ci a entretenus avec la philosophie et les « sciences de l’esprit ». En particulier, j’ai très vite été convaincu de l’insuffisance des analyses en termes de « psychologisme », notion qui me paraît historiquement et épistémologiquement inappropriée pour décrire la nature réelle des rapports entre psychologie, philosophie et Geisteswissenschaften entre le milieu du 19e et le début du 20e siècle. Les histoires du psychologisme partent en général du principe que le recours à des concepts psychologiques est par nature illégitime dans le cas de certaines disciplines considérées comme devant être par nature immunes de toute « contamination » empirique ou naturaliste. Or, cette position historiographique n’est pas neutre puisqu’en définitive elle reprend à son propre compte les présupposés épistémologiques (et idéologiques) véhiculés par les tenants de la réaction « antipsychologiste » de la fin du 19e siècle. Quoiqu’il en soit, l’étude attentive des sources révèle que l’engouement de la philosophie et des sciences humaines pour la psychologie allemande a constitué un mouvement historique durable et très profond. J’ai essayé de montrer comment la psychologie allemande du 19e siècle a pu constituer un véritable « socle épistémologique » pour des disciplines aussi variées que l’esthétique, la linguistique, l’anthropologie, la théorie littéraire, etc., au moment même ces divers champs disciplinaires se sont constitués comme sciences. Plus précisément, je me suis attaché à mettre en évidence que la « psychologisation » a pu participer d’un double mouvement de naturalisation des sciences de l’esprit (leur ancrage dans les sciences de la nature) et de naturalisation de l’épistémologie. Enfin, j’ai tenté de montrer que le mouvement de psychologisation n’a pas seulement concerné les travaux se réclamant ouvertement de la psychologie, mais a pu affecter en sous-main des doctrines officiellement « antipsychologistes », comme les diverses traditions formalistes et structuralistes. D’une manière générale, mon approche se fonde sur la méthode des « transferts épistémiques », adaptation de la notion « transfert culturel », i.e. l’étude des conditions et des modalités du passage du savoir psychologique allemand, à la fois vers d’autres champs disciplinaires .et vers d’autres aires culturelles (notamment centre- et est-européennes).


3) Histoire et théorie de l’expérience du temps

Ma familiarité avec les psychologues allemands du 19e siècle a largement contribué à mon engouement pour la question de l’expérience du temps, et notamment de la psychologie du temps dont les fondements ont été jetés par Herbart dès 1816 – dans une perspective que l’on peut qualifier d’anti-kantienne. Je me suis notamment intéressé à la question du « temps psychique de présence » (psychische Präsenzzeit), une théorie du « présent étendu », de la perception du temps, et de la structure de la conscience, proposée par le psychologue allemand W. Stern à la fin du 19e siècle. Dans un ouvrage à paraître j’étudie la signification de ce modèle psychologique dans le contexte de la psychologie allemande, ainsi que sa résurgence dans la psychologie et les neurosciences cognitives contemporaines. Plus généralement, j’ambitionne de constituer une anthologie des principaux textes sur l’expérience du temps publiés au cours du 19e siècle. Mon approche se veut tout à la fois historique, théorique, philosophique, et expérimentale.

4) Histoire de l’esthétique et du formalisme en Allemagne, en Europe centrale et de l’est

Depuis plusieurs années, je me suis penché, en collaboration avec le linguiste et historien des idées S. Tchougounnikov (université de Dijon), sur la question des rapports entre la psychologie allemande du 19e siècle et le formalisme russe. Ces travaux ont permis de mettre en évidence la très forte prégnance des concepts psychologiques allemands dans la théorie esthétique du formalisme russe, pourtant réputé radicalement « antipsychologiste ». Plus généralement, ceci m’a conduit à m’interroger sur la définition et la généalogie de l’esthétique formaliste dans l’espace européen. Ma participation à l’ANR FORMESTH m’a permis d’aborder plus systématiquement cette question en explorant les liens existant entre psychologie, philosophie, et la théorie esthétique au sein de l’« espace épistémologique » de l’Europe germanique et centrale. En collaboration avec mes collègues de l’ANR, j’espère pouvoir contribuer à mieux faire connaître une dimension majeure, mais largement oubliée, de la pensée européenne


ENSEIGNEMENTS

• 2010-2007

ATER, université Paris 7

Enseignements : CM et TD d’histoire de la philosophie (Locke, Hume, Leibniz, Kant, Naturphilosophie, etc.), d’épistémologie et d’histoire des sciences (histoire de la psychologie, histoire des neurosciences), et de bioéthique, en master 1 et 2 ; TD d’histoire et de philosophie de la médecine (C. Bernard, Canguilhem, Foucauld, F. Jacob, etc.), en PCEM1


• 2005-2006

ATER, université Bordeaux 1

Enseignement : CM et TD d’histoire de la philosophie (Locke, Hume, Kant, etc.), d’épistémologie et d’histoire de la biologie (histoire de la biologie, histoire des neurosciences, méthodologie de l’histoire des sciences, empirisme logique, Popper, Kuhn, etc.), en licence 1 et 2, master 1 et 2, et doctorat ; TD de préparation aux oraux
du CAPES de SVT


• 2000-2003

Moniteur, université Paris 6

Enseignement : TD et TP de biologie générale (zoologie, botanique, systématique, écologie, théorie de l’Evolution, etc.)


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